
Introduction
Comment suis-je passée de zéro roman écrit en quinze ans à quatre projets terminés en moins de cinq mois ? Voilà les étapes que j’ai suivies pour dépasser le blocage du démarrage. Je sais d’expérience à quel point on peut souffrir de ne pas parvenir à finir ses projets.
Peut-être que tu passes des heures à chercher le logiciel parfait sans vraiment avancer sur ton écriture, ou que, lorsque tu te relis, tu trouves ça nul. Ou encore, dès que tu en parles à tes proches, tu perds toute motivation.
Je suis passée par là, et c’est pour ça que je te propose une solution pour avancer. Crois-moi, le jeu en vaut la chandelle. Le monde mérite de découvrir l’histoire que tu veux raconter. En suivant quelques étapes simples, tu pourrais bientôt atteindre ton objectif — et tu le mérites.
Voici donc les 10 erreurs qui t’empêchent sans doute d’avancer, et ce que tu peux faire pour te débloquer.
1. Vouloir tout maîtriser avant d’écrire la première phrase
Pourquoi c’est un piège ? Parce qu’on reste bloqué·e à l’étape de préparation.
Astuces : Écris tout ce qui te passe par la tête : les images liées à ton histoire, les éléments que tu veux absolument intégrer (lieux, conflits, défauts des personnages, apparences, etc.).
Ne rejette aucune idée dans un premier temps. Si tu commences à juger tes idées, tu risques de t’arrêter. Or, les bonnes idées émergent souvent des premières.
Fais une liste d’œuvres similaires en termes de genre ou de tropes narratifs : jeux vidéo, livres, pièces de théâtre, animés… tout ce qui t’a inspiré·e. Cette liste t’aidera à identifier ce que les lecteur·ices attendent dans ce type d’histoire.
Ensuite, commence un plan simple pour t’aider à structurer ton histoire. Ce plan évoluera — et c’est normal. Il vaut mieux un plan imparfait que pas de plan du tout.
2. Se relire en permanence au lieu d’avancer
Tu connais sûrement ça : tu te lances, tu écris une première page, puis tu bloques. Tu relis, tu vois des fautes, tu te décourages, tu remets à plus tard… et tu n’y reviens jamais.
Le perfectionnisme te paralyse au lieu de t’aider à avancer.
Solution : séparer clairement les temps d’écriture et de révision.
Quand tu écris, ton cerveau est en mode créatif — il ne doit pas se soucier des accords du participe passé. Quand tu révises, tu actives un mode plus analytique.
Ne mélange pas les deux. Écris jusqu’au bout, puis passe à la révision. Les romans publiés sont relus cinq ou six fois, au minimum. Ne t’attends pas à réussir du premier coup. Ton objectif, c’est finir le premier jet. Tout le reste viendra ensuite.
3. Avoir un plan trop rigide (ou pas de plan du tout)
Si tu commences avec une seule idée et aucune structure narrative, tu vas vite te heurter à un mur. À l’inverse, un plan trop figé peut t’empêcher d’avancer.
Astuce : utiliser une structure souple (3 actes ou 5 grandes étapes).
Voici quelques repères utiles :
- Quelle est ton image de départ ? (lieu, personnage principal, situation initiale)
- Quel est l’élément déclencheur ?
- Quelles sont les péripéties ?
- Quel est le climax ?
- Quelle est l’image de fin ?
Avec ces repères, tu peux organiser ton récit en chapitres, tout en te laissant la liberté de changer en cours de route.
4. Se comparer aux auteur·ices pro
Écrire, c’est apprendre. Se comparer à G.R.R. Martin ou Robin Hobb ne t’aidera pas si tu débutes.
Ces auteur·ices ont des années d’expérience. Toi, tu en es au début. Si tu n’écris pas, tu ne progresseras jamais.
Écris, rate, recommence. Considère-toi comme un·e apprenti·e. Tu verras la différence après quelques premiers jets.
5. Réécrire sans fin les trois premiers chapitres
On veut tous soigner le début. Mais si ton roman s’arrête au chapitre 3, personne ne le lira.
Écris un début solide, puis continue. Tu affineras l’introduction lors de la réécriture. Ne touche pas à ton texte tant que le premier jet n’est pas terminé.
6. Croire qu’on doit être inspiré·e pour écrire
Attendre l’inspiration, c’est risquer de ne jamais écrire. Écrire un roman, c’est autant de persévérance que de créativité.
Solution : créer une routine, même imparfaite.
Fixe-toi un objectif réaliste (ex. : 500 mots par jour). Trouve ton moment (matin, pause déjeuner, soirée). Protège ta santé mentale : le stress tue la créativité. Repose-toi, consulte si besoin. Écrire, c’est aussi prendre soin de soi.
7. Trop s’attacher à son idée de départ
Si tu bloques, c’est peut-être que ton histoire doit évoluer. Ce n’est pas grave. Laisse-la vivre.
Astuce : accepte l’évolution naturelle du récit. Tes idées vont changer. Reste centré·e sur ton intention, mais ne résiste pas aux ajustements nécessaires.
8. Trop complexifier son univers dès le départ (surtout en fantasy ou science-fiction)
Trop de complexité = paralysie. Commence avec une base simple. Ex. : un seul personnage principal, un seul point de vue.
Si c’est trop dur, ce n’est pas un échec. C’est juste que ce projet-là demande plus d’expérience. Mets-le de côté et travaille sur un autre plus simple.
Conseil : commence avec un monde fonctionnel. Appuie-toi sur un élément concret (climat, faune, magie) et développe au fil du récit. Pas besoin d’une encyclopédie pour écrire une bonne histoire.
9. Écouter trop d’avis (ou pas du tout)
Les retours peuvent aider ou bloquer. Tout dépend comment tu les utilises.
Demande des retours ciblés :
- Qu’as-tu ressenti ?
- Quand t’es-tu ennuyé·e ?
- Qu’est-ce qui manquait de clarté ?
Ne change pas ton récit à chaque retour. Apprends à faire le tri. Certain·es lecteur·ices ne comprendront pas ton intention — et ce n’est pas grave. Trouve les personnes qui t’aident à faire grandir ton texte.
10. Penser que finir un premier jet = écrire un bon roman
Erreur fréquente : croire qu’un premier jet devrait être bon. Ce n’est jamais le cas. Même pour Stephen King.
Rassures-toi : le premier jet est censé être imparfait. C’est le matériau brut. Le but, c’est de finir. Ensuite, tu pourras façonner, peaufiner, renforcer.
Conclusion
On ne finit pas un roman parce qu’on n’a pas le niveau — mais parce qu’on veut trop bien faire dès le départ.
Mieux vaut un brouillon bancal qu’un roman jamais écrit. Un brouillon, on peut le retravailler. Une page vide, non.
Très bientôt, je publierai un article sur les différentes étapes d’édition et de révision d’un roman. En attendant, abonne-toi à la newsletter pour recevoir mes conseils d’écriture et des fiches pratiques gratuites !
Laisser un commentaire